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"Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante" G. Orwell.

31 Jan

Chômage des jeunes : et si on pensait à l’alternance ?

Publié par M.L  - Catégories :  #Entreprise

Chômage des jeunes : et si on pensait à l’alternance ?

Le secteur de la formation en alternance enregistre son pire score depuis 2005 avec seulement 390 000 contrats signés en 2013 contre plus de 421 000 en 2012

Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule

Mardi : Au cours d’une visite à Istanbul, le Président de la République François Hollande finit par admettre que la courbe du chômage ne s’inverserait pas en 2013…Pire, le pays compte 170 000 chômeurs supplémentaires, une augmentation de 5,7% par rapport à l’exercice précédent. Mercredi : Les chiffres de l’intérim tombent. Le secteur enregistre un recul significatif de l’emploi intérimaire de 8,6% pour l’année 2013 soit une suppression de 45 000 postes à plein temps. Jeudi : c’est au tour de la formation en alternance d’afficher des résultats moribonds.

En effet, selon les chiffres du ministère du Travail, 273 000 contrats d’apprentissage[1] ont été signés en 2013 contre 297 000 en 2012 soit une baisse de 8,1%. Pour trouver pire situation, il faut remonter en 2005 où seulement 263 000 contrats d’apprentissage avaient vu le jour. Même au plus fort de la crise (2009), le recrutement d’apprentis s’était maintenu à un niveau supérieur (287 900 contrats). Dans le même temps, les signatures de contrat de professionnalisation[2] (l’autre dispositif de l’alternance) ont reculé de 5,2% cette année (117 000 contre 124 000 en 2012). Là encore, le bilan est inquiétant et témoigne de la frilosité des employeurs. Il faut dire que l’annonce d’une réduction des aides accordées aux entreprises (hors TPE) n’a pas arrangé la situation.

Optimisme gouvernemental puis retour à la réalité

Le 29 novembre dernier pourtant, l’Elysée annonce que « l’inversion de la courbe du chômage est désormais amorcée ». François Hollande se félicite dans un communiqué d’une baisse de 20 500 chômeurs pour le mois d’octobre. Quelque temps plus tard, les déclarations se veulent plus mesurées. Le 23 décembre, le ministre du Travail, Michel Sapin assure que le nombre de chômeurs va continuer de diminuer bien qu’ « il y aura certainement des mois où ça repartira un peu à la hausse ». En réalité, le propos illustre parfaitement la méthode du gouvernement qui consiste à recourir massivement aux contrats aidés pour jouer sur les chiffres du chômage d’un mois à l’autre. Là se trouve d’ailleurs la principale différence entre les fameux contrats aidés (pour lesquels l’Etat contribue directement au financement) et les formations en alternance (pour lesquels l’Etat ne fait qu’inciter financièrement les employeurs via notamment la promesse d’une exonération des charges patronales).

En définitive, si la multiplication des emplois d’avenir a permis de ramener provisoirement 100 000 jeunes vers le chemin de l’emploi, le coût de ces contrats pour l’Etat (1,2 milliard d’euros) est colossal et dépasse largement celui de l’apprentissage. Même chose pour les contrats aidés dont l’Etat projette d’en financer 380 000 cette année pour un montant estimé à 2 milliards d’euros. En outre, les contrats aidés et les emplois d’avenir semblent encore loin du modèle de l’alternance qui reste la référence en matière de formation avec la délivrance d’un diplôme académique. Maintenir voire augmenter les incitations pour la filière apprentissage : voilà une mesure simple qui pourrait s’inscrire à la liste des contreparties attendues par les partenaires sociaux dans le cadre du pacte de responsabilité.

[1] www.travail-emploi.gouv.fr « Le contrat d’apprentissage a pour but de donner à des jeunes travailleurs ayant satisfait à l’obligation scolaire une formation générale, théorique et pratique, en vue de l’obtention d’une qualification professionnelle sanctionnée par un diplôme de l’enseignement professionnel ou technologique, un titre d’ingénieur ou un titre répertorié. Tout jeune âgé de 16 à 25 ans peut entrer en apprentissage. Des dérogations à ces limites d’âge sont possibles ».

[2] www.travail-emploi.gouv.fr « Le contrat de professionnalisation s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 25 ans révolus, aux demandeurs d’emploi âgés de 26 ans et plus et aux bénéficiaires de certaines allocations ou contrats. Son objectif est de leur permettre d’acquérir une qualification professionnelle ou de compléter leur formation initiale par une qualification complémentaire en vue d’accéder à un poste déterminé dans l’entreprise. Les bénéficiaires âgés de 16 à 25 ans révolus sont rémunérés en pourcentage du Smic selon leur âge et leur niveau de formation, les salariés âgés de 26 ans et plus perçoivent une rémunération qui ne peut être ni inférieure au SMIC ni à 85 % du salaire minimum conventionnel. _ Ce contrat ouvre droit pour l’employeur, pour certaines embauches et dans certaines limites, à une exonération de cotisations patronales de sécurité sociale ».

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jean david barthes 08/02/2014 23:59

http://www.dailymotion.com/video/x1aog8v_jean-marc-ayrault-on-va-pas-s-mentir-il-est-vire-nouveau-parti-socialiste-overblog-com_news

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"Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante" G. Orwell.